Étudiant entrepreneur: Shaun Boisclair, du Garde-Manger d’Obélix

Shaun-Boisclair-Le-Garde-Manger-d'Obélix

Rêvant d’une ferme et d’autosuffisance, Shaun Boisclair a créé Le Garde-Manger d’Obélix Inc., une ferme d’élevage de sangliers destinés à la mise en marché de viande. Cet entrepreneur, étudiant à l’UQAR et père de famille aspire à bâtir une ferme écologique et autosuffisante à échelle humaine qui saura être une référence en élevage de sangliers dans le Bas-Saint-Laurent.

 

 

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D’où vient ton intérêt pour l’entrepreneuriat?

Mes parents étaient tous les deux dans la gestion, j’ai donc grandi dans un environnement entrepreneurial. Je n’avais toutefois jamais envisagé devenir entrepreneur.

Il y a quelques années, j’avais commencé une formation universitaire en génie mécanique au cours de laquelle j’ai fait un cours en management, qui m’a particulièrement intéressé. J’ai donc décidé de me réorienter vers une formation en administration, de là les deux certificats que je suis actuellement en train de compléter : un en marketing et un en ressources humaines.

Comme j’avais le rêve d’avoir un jour ma ferme, j’ai saisi l’opportunité d’en faire mon entreprise.

 

Une ferme de sangliers, c’est assez peu commun. Pourquoi avoir choisir cette voie?

J’ai longtemps rêvé d’avoir une ferme et d’être le plus autosuffisant possible. Au décès de ma mère, j’ai décidé d’arrêter d’attendre. Je me suis lancé et j’ai entrepris les démarches pour réaliser mon rêve.

Comme j’aime les animaux, je me suis orienté vers l’élevage. Le sanglier s’est révélé un choix stratégique. On souhaitait intégrer un marché non saturé et choisir un animal qui n’exige pas trop d’entretien. Le sanglier correspondait bien à ses critères. Finalement, je suis très content de ce choix, les sangliers sont de merveilleux animaux à élever!

 

Le Garde-Manger d’Obélix est-il seulement une ferme d’élevage?

De l’élevage découle des produits de viande de sanglier, tant des découpes que des produits transformés, comme des tartinades, des terrines, des pâtés et des charcuteries.

Nous sommes en train de préparer la boutique qui nous permettra de vendre nos produits directement à la ferme, et non uniquement dans les marchés, comme c’est le cas présentement.

Éventuellement, on veut développer le volet « visite à la ferme » pour permettre aux gens de venir voir les animaux dans notre enclos extérieur. Les visites leur permettront de découvrir cet animal qu’est le sanglier et de comprendre dans quelles conditions il est élevé. On trouve important que les gens sachent d’où vient le produit qu’ils achètent.

 

Quelle est ta vision à long terme pour Le Garde-Manger d’Obélix?

J’aspire à ce que ma ferme soit autosuffisante et écologique. Je veux réduire mes pertes au maximum en réutilisant le plus de déchets possible et être autonome au point de vue énergétique.

Non seulement je veux devenir une référence pour l’élevage de sangliers dans la région, mais je veux le faire dans le respect de l’environnement.

 

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Que t’ont apporté les concours auxquels tu as participé avec ton projet d’affaires?

En 2018, j’ai participé au Défi Dragon (Lauréat 2018 Plan d’affaires) et au Défi Osentreprendre (Lauréat local 2018 Catégorie Bioalomentaire). Le premier m’a permis de me faire connaître des entrepreneurs de ma région, créant ainsi de belles occasions de réseautage. Osentreprendre, de par sa notoriété, m’a aidé à  aller chercher du financement et une certaine crédibilité. J’ai aussi remporté la bourse Jinette-Côté de la Fondation de l’UQAR, visant à soutenir des projets d’affaires innovants émanant de l’UQAR. Ces trois belles opportunités ont eu des impacts positifs dans mon parcours, chacune à leur façon.

 

Comment s’est passé le processus de création de ton entreprise?

J’ai conçu mon projet et réalisé mon plan d’affaires en une année, alors que je faisais un retour aux études en administration à l’Université du Québec à Rimouski. J’ai ensuite convaincu mon père – qui est aussi mon associé – de quitter la Rive-Nord de Montréal pour déménager à Sainte-Angèle, dans le Bas-Saint-Laurent. Puis, on a trouvé la ferme, qu’on a finalement intégrée à l’hiver 2018. On a procédé à divers travaux et les premiers animaux sont arrivés en août 2019.

Le tout s’est fait plutôt rapidement et avec peu de moyens, puisque le financement d’un tel type de ferme est difficile. Il existe peu de données sur la rentabilité d’une ferme d’élevage de sangliers, les banques et les organisations ne sont donc pas prêtes à prendre le risque de financer. Il nous a fallu apprendre à être créatif et à faire plus avec moins.

 

[Question COVID] Quelles furent les impacts de la pandémie sur ton entreprise?

Avec l’engouement pour l’achat local provoqué par le contexte de la pandémie, les gens de la région ont continué d’acheter nos produits, tellement qu’on en a manqué! Ce fut un « beau problème », comme on dit.

Aussi, le confinement nous a donné le temps d’effectuer des travaux sur la ferme et de poursuivre le développement de nos projets, notamment la construction de notre boutique. On pourra donc l’ouvrir prochainement! Ça remplacera un des marchés publics où on vend habituellement nos produits, mais qui n’ouvrira pas cet été à cause de la pandémie.

 

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Comment se passe la conciliation études/famille/entreprise?

C’est certain que ça représente un immense défi logistique, mais avec une bonne planification, ça se fait bien. On a la chance d’être trois générations ensemble sur la ferme familiale et tout le monde participe à son succès.

 

Avec ton horaire déjà surchargé, pourquoi t’impliques-tu dans le club entrepreneur de l’UQAR?

Le club vise à aider les étudiants à s’ouvrir à l’entrepreneuriat, à voir les opportunités qui s’offrent à eux et à les saisir, et j’adore ça. Le réseautage est aussi une partie importante de l’expérience club, puisque ça nous permet d’être en contact avec la communauté entrepreneuriale de la région. C’est un bel avantage pour moi, qui suis non seulement étudiant, mais aussi entrepreneur.

 

Quel est ton message pour tous les étudiants qui voudraient se lancer en affaires?

S’ils hésitent parce qu’ils pensent manquer de temps, je leur répondrais que l’excuse du temps n’existe pas. Tout est possible avec de la volonté et un minimum d’organisation.

Voici un bon conseil que j’ai reçu au début de mon parcours : Quand tu lances un projet, espère le mieux, mais prévoit le pire. Comme ça, tu seras prêt à tout.

 

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Pour en savoir plus sur Le Garde-Manger d’Obélix, consultez les pages Facebook et Instagram de l’entreprise.

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