Étudiant entrepreneur : Philippe Dorion, de la ferme lombricole Atlas

Philippe Dorion_Ferme lombricole Atlas

Étudiant en biochimie et biotechnologie, Philippe Dorion s’est donné pour mission d’augmenter la sécurité alimentaire des gens tout en ayant le plus de bienfaits environnementaux possible. Lorsqu’il a constaté que sa ville d’adoption n’offrait pas le service de compost, il a choisi d’utiliser ses récentes découvertes sur la capacité de dégradation des lombrics pour mettre en place un service de lombricompostage. Découvrez ATLAS.

 

 

Qu’est-ce que le lombricompostage?

C’est un processus de transformation des déchets alimentaires en compost accéléré par des vers de terre. Grâce à ceux-ci, des micro-organismes (bactéries, mycètes, protozoaires, etc.) décomposent la nourriture pour produire une sorte de fumier inodore et très riche en nutriments.

 

En quoi le lombricompostage est une bonne option pour dégrader les déchets organiques?

Cette méthode est une excellente source de nutriments pour les plantes grâce à l’azote et aux macronutriments qui se retrouvent dans l’engrais produit par les vers. Au-delà des macronutriments, ce type de compost ajoute de la vie. Cette vie va rendre bio-accessibles les nutriments déjà présents et ceux ajoutés.

De plus, le lombricompostage est plus simple, moins coûteux et plus rapide que le compostage traditionnel. Je peux obtenir du compost en une à deux semaines à peine!

Le lombricompostage résidentiel existe au Québec, mais encore personne ne le fait de façon industrielle dans la province. J’aimerais être le premier.

 

Qu’est-ce qu’Atlas?

Atlas, c’est une ferme lombricole dont la mission est de traiter le plus de matière compostable possible sur le territoire Québécois, tout en améliorant la sécurité alimentaire des gens qui y habitent. Ce n’est pas une entreprise, c’est un organisme à but non lucratif, donc tous les profits sont réinvestis dans la réalisation de la mission. C’était important pour moi que l’argent serve la cause.

 

Quelles activités sont menées par la ferme Atlas?

L’activité principale, c’est la collecte de déchets alimentaires pour la transformer en engrais grâce au lombricompostage. Pour le début du projet, je vais collecter les déchets alimentaires de cinq restaurants. J’aurai une serre dans laquelle il y aura assez de bacs de vers pour traiter plus de 100 livres de matières organiques par jour. La Ville de Trois-Rivières collabore dans le projet pour assurer la collaboration des restaurateurs et leur donner les moyens de trier leurs déchets, notamment en leur fournissant des bacs.

Les surplus de matières organiques que je ne pourrai traiter seront fermentés par pendant deux semaines grâce à des bactéries, puis enterrés pendant 30 jours avant de se transformer en engrais. L’idée serait de trouver des partenaires pour bénéficier de l’engrais qui serait produit directement dans leur sol.

Pour financer cette activité principale, on fera de la vente de compost aux grands producteurs et aux particuliers. On offrira aussi des formations sur l’art du lombricompostage à la maison. Je considère qu’il est important d’éduquer les gens si on veut qu’ils adoptent des pratiques plus vertes.

 

Qu’est-ce qui t’a mené vers le lombricompostage?

Ce sont les larves! Au Cégep, j’ai travaillé sur un projet d’optimisation de l’élevage des larves à farine. J’ai découvert qu’elles pouvaient dégrader le plastique pour en faire un fertilisant. Voyant tout le potentiel de cette découverte, je m’étais dit qu’à l’université, je développerais un système complexe de traitement de plastique à l’aide de larves.

Toutefois, en arrivant à l’UQTR, j’ai réalisé que la Ville n’avait pas de système de compostage pour les déchets alimentaires. À mes yeux, c’est inacceptable qu’une ville ne fasse pas de compost en 2020. Ressentant un pressant besoin de changement, j’ai décidé de prendre action et d’utiliser les connaissances acquises dans mon projet pour mettre en place une solution de compostage à base de vers à Trois-Rivières.

 

Quelle est ta vision pour Atlas?

Déjà, je souhaite pouvoir commencer dès l’été prochain le traitement des matières organiques à raison de 100 livres (lb) par jour, tel l’objectif que je me suis fixé.

À moyen terme, j’aimerais devenir une ressource pour les jardins communautaires.

À long terme, j’aimerais implanter le lombricompostage dans d’autres villes et pouvoir offrir le service tant aux entreprises qu’aux particuliers.

J’aimerais aussi pouvoir réaliser mon projet initial, soit de dégrader du plastique pour en faire de l’engrais.

 

Où en es-tu dans le projet?

Le projet est sur pause puisque mon financement m’a été retiré en raison de la pandémie. Je vais donc faire campagne de financement prochainement, dont les fonds serviront à louer un terrain et acheter une serre afin de commencer à opérer dès l’été prochain, je l’espère.

En attendant, je magasine un terrain, je bâtis mon système de traitement des matières, je m’éduque sur l’entrepreneuriat et la gestion et je prépare des formations sur le lombricompostage résidentiel.

 

Quel est ton message pour tous les étudiants entrepreneurs qui voudraient se lancer en affaires?

Je me suis lancé en affaires parce que j’ai noté un besoin qui devait être répondu. Si toi aussi tu ressens le besoin de changer les choses, fais-le.

 

Pour en savoir plus sur Atlas, consultez le site internet de l’organisme.

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