Étudiant entrepreneur: José-Miguel Pache Duran, de Rica Mamajuana
Québécois d’origine dominicaine, José-Miguel s’attarde beaucoup à la question de l’identité culturelle. Ses réflexions l’ont amené à vouloir embrasser toutes les facettes de son identité et à les partager. Il s’est alors donné la mission de créer un produit capable d’ouvrir vos horizons sur de nouvelles cultures, tout en vous faisant sentir chez vous. Rica Mamajuana, c’est la rencontre entre la République dominicaine et le Québec!

UN PROJET SUR L’IDENTITÉ ET L’ÉCHANGE CULTUREL

Qu’est-ce que Rica Mamajuana?

Rica est une réinterprétation québécoise de la Mamajuana, la boisson alcoolisée nationale de la République dominicaine. C’est l’un des nombreux trésors légués par les Taïnos, première nation des Caraïbes.

J’ai recréé cette boisson délicieuse en adaptant certains des ingrédients pour leur donner une saveur québécoise. C’est un mélange balancé de rhum blanc, de vin rouge et de sirop d’érable (dans la recette originale, c’est du miel) qui sont macérés dans un mélange de copeaux de bois, de plantes et d’épices tropicales provenant de République dominicaine.

Une fois, une personne m’a dit, après avoir goûté le produit : « Je me sens déphasé, tout en ayant l’impression de connaître ça. » Ça représente bien Rica : un produit capable de faire voyager, tout en se sentant chez soi.

D’où provient l’idée de faire de la Mamajuana?

En 2017, de retour d’un voyage en République dominicaine, je suis allé à la SAQ pour me procurer de la Mamajuana. J’ai été surpris de voir qu’il n’y en avait pas, mais j’ai aussi vu là une opportunité d’affaires.

En faisant des recherches sur la Mamajuana, j’ai appris une foule de choses sur ma culture d’origine. Elle est unique, riche et fascinante! Ça m’a amené à me questionner sur mon identité culturelle, sur l’habitude qu’on a de se définir d’une seule manière alors que la richesse se trouve dans la pluralité. Ces réflexions ont teinté mon projet, qui n’en est pas seulement un d’affaires. C’est aussi un projet qui porte un message, qui parle d’échange et d’identité culturelle.

Comment as-tu créé cette boisson alcoolisée?

C’est après beaucoup de tests, d’essais et d’erreurs que j’ai réussi à développer la recette, parfaitement dosée, afin d’avoir un goût qui ressemble à la Mamajuana originale, tout en ayant une touche de je ne sais quoi qui la rend unique. J’ai testé mon produit sur mon entourage et j’ai reçu plusieurs feedbacks qui m’ont aidé dans le processus.

Maintenant que la recette est créée, où en es-tu dans ton processus?

J’ai le concept, la recette et le branding, j’en suis maintenant à la production. Je dois dire que c’est le plus gros défi. Au départ, je voulais louer un local et produire moi-même, mais avec la réglementation, les mesures et les permis liés à la production d’alcool, j’ai rencontré des embûches.

J’ai donc revu mon plan d’affaires et décidé d’opter pour la sous-traitance. Encore là, gros défi! Cette option est habituellement celle d’entreprises ayant de gros moyens et désirant de grosses quantités, les coûts sont donc élevés. Il y a aussi des enjeux en ce qui concerne les fournisseurs.

Mais bon, je ne me décourage pas! Je m’ajuste, je persévère et j’ai confiance que je trouverai une solution pour pouvoir enfin démarrer la production et arriver sur les tablettes de la SAQ bientôt!

TROUVER SON CHEMIN

D’où vient ton intérêt pour l’entrepreneuriat?

Je crois que ça vient d’abord d’un désir de bâtir des projets, de faire les choses selon mes propres règles. J’ai toujours eu de la difficulté à l’école, j’ai donc longtemps cru que je n’étais pas bon. En travaillant sur ce projet, j’ai découvert qu’en fait, quand je fais ce qui me passionne, je réussis bien. Je dirais que l’entrepreneuriat m’a fait sentir que je suis bon dans quelque chose.

J’ai toujours eu beaucoup d’idées, mais je n’ai jamais trop su comment les réaliser. C’est une de mes profs au cégep qui m’a encouragé à entreprendre mon projet et qui m’a donné des pistes pour le rendre concret. C’est là que Rica Mamajuana a vraiment commencé à prendre forme.

Quelles ressources t’ont aidé à développer ton projet?

J’ai travaillé avec un centre de développement local et j’ai eu l’aide d’un coach pour développer mon plan d’affaires. J’ai aussi participé à des concours d’entreprises, qui m’ont aidé à tester mon concept et à améliorer mon projet.

Qu’est-ce que ça t’a apporté de faire partie du club d’entrepreneurs étudiants de l’UQAM?

Mon passage dans le club m’a entre autres permis de développer des amitiés et de me découvrir un plaisir pour l’editing vidéo grâce aux projets qu’on a réalisés.

En tant que membre du club, j’ai aussi participé au Colloque de l’ACEE et au concours de pitch L’Ascenseur payant, où j’ai créé des contacts et reçu du feedback sur mon projet

Cette expérience a été une belle initiation à l’univers de l’entrepreneuriat.

Que dirais-tu à un.e étudiant.e qui veut se lancer en affaires, mais qui hésite?

Assurément, je lui dirais d’essayer. Pas obligé de commencer gros, juste de tester son idée à petite échelle pour voir. Aussi, je sais que le gap entre l’idée initiale et le résultat final peut faire peur. Au lieu de mettre l’accent sur l’objectif final, il vaut mieux se concentrer sur le processus. C’est plus réaliste et moins décourageant.

 

Découvre Rica Mamajuana et suis l’avancement du projet sur Instagram, sur Facebook ou sur son site web.

Share on email
Courriel
Share on facebook
Facebook
Share on linkedin
LinkedIn

Partagez cet article