Étudiante entrepreneure 2021 : Valentina Marin, des Brosses de demain

Valentina Marin, une femme de cœur qui veut entreprendre selon ses valeurs, travaille actuellement sur un projet de brosses écologiques à têtes interchangeables produites localement. Découvrez l’idée derrière le projet Les Brosses de demain.

Une idée locale et écoresponsable

Quelle est l’idée derrière le projet « Les Brosses de demain »?

L’idée, c’est de créer des brosses 100% locales et biodégradables faites de bois de chanvre cultivé au Québec. J’aimerais créer une brosse unique à utilités variées dont les têtes seraient interchangeables pour ne pas avoir à jeter l’entièreté de la brosse lorsqu’on remplace l’embout.

D’où vient le concept?

La réflexion est née d’une anecdote de voyage; je cherchais une brosse à dents en bambou et je n’en trouvais nulle part. Je me suis dit qu’il devrait y en avoir plus, pour davantage d’usages.

Ce projet est aussi le reflet de mes valeurs. On jette trop de produits utilitaires polluants, il serait temps de développer des alternatives plus écoresponsables, faites localement, dont la réutilisation permettrait de réduire la surconsommation.

Dans cette optique, j’ai voulu aller plus loin que l’idée de la brosse à dents en bambou en créant une brosse qui pourrait accueillir plusieurs têtes différentes : brosse à dents, brosse à cheveux, brosse à maquillage, brosse à animaux, etc.

Quelles ressources t’ont aidée à développer ton projet?

J’ai participé à divers concours lors desquels j’ai eu l’occasion de tester mon concept. J’ai pitché mon idée d’affaires pour la première fois dans le cadre du concours Propulse ton idée, ce qui m’a permis de recevoir des commentaires constructifs pour m’améliorer. J’ai aussi tenté ma chance au Défi OSEntreprendre.

Actuellement, je participe au programme 3.2.1 Startup Québec, lors duquel j’apprends entre autres à développer et à communiquer mon projet grâce à des ateliers, des formations et des discussions. Je suis entourée d’étudiants des cégeps de Québec, c’est inspirant d’échanger avec eux et de voir leurs projets évoluer.

Finalement, j’ai eu la chance de pouvoir bénéficier de l’aide d’un mentor de SISMIC, organisme que j’ai découvert lors d’une conférence sur le thème « Entreprendre selon tes valeurs ». Il m’a aidé à structurer mon entreprise et à concevoir mon plan d’affaires.

Qu’est-ce qui t’a menée à t’impliquer dans autant d’initiatives entrepreneuriales?

Je dirais que c’est en grande partie Valérie Huppé, conseillère en entrepreneuriat au Cégep Limoilou, qui a joué un rôle clé dans mon parcours entrepreneurial.

Je lui avais écrit parce que je voulais savoir par où commencer pour concrétiser mon idée d’affaires. Elle m’a invitée à joindre Entrepreneuriat-études et m’a incitée à participer à diverses initiatives entrepreneuriales pour tester et développer mon projet. Tout naturellement, je me suis mise à m’inscrire à divers concours, à présenter mon projet et à recevoir de la rétroaction. Ça m’a permis non seulement de m’améliorer, mais aussi d’éliminer des craintes que j’avais par rapport à l’entrepreneuriat.

Où en es-tu dans le développement de ton projet?

J’ai travaillé mon idée, mon plan d’affaires est fait. J’ai même réalisé des croquis avec l’aide de ma sœur, qui a étudié en design industriel. J’en suis maintenant à trouver et à contacter des fournisseurs pour réaliser des prototypes et tester mon produit. J’aimerais beaucoup travailler avec des producteurs de chanvre québécois, surtout s’il y en a dans des réserves autochtones.

Je devrai aussi penser au financement. Je sais qu’il existe des ressources, donc je ne m’en fais pas trop pour l’instant. Ma priorité, c’est de voir si mon produit est réalisable et s’il vient répondre à un réel besoin.

Entreprendre selon ses valeurs

D’où vient ton intérêt pour l’entrepreneuriat?

C’est mon implication dans le milieu communautaire qui m’a donné la piqûre pour l’entrepreneuriat et la gestion. Je m’implique dans divers organismes sociaux, et pendant deux ans, j’ai œuvré à titre de secrétaire et de trésorière sur le conseil d’administration d’une maison pour les femmes victimes de violence conjugale. Cette expérience dans un poste décisionnel m’a montré qu’on peut faire une différence en réalisant des projets riches de sens. Cela m’a convaincue de retourner au cégep en technique de gestion de commerce afin d’acquérir des connaissances pour pouvoir développer mes propres projets.

Qu’est-ce qui guide tes décisions d’affaires?

Dans ce projet, mais aussi dans tous les autres, j’essaie d’entreprendre selon mes valeurs et de faire des choix qui sont en cohérence avec celles-ci. Déjà, je vois grand pour Les Brosses de demain, je rêve de transposer le concept ailleurs dans le monde, mais je ne peux m’empêcher de me demander : comment conjuguer éthique et développement international? C’est le genre de questionnement auquel j’espère pouvoir répondre éventuellement. Mais ce que je sais déjà, c’est que peu importe son ampleur, la raison d’être du projet doit être respectée en tout temps.

D’où viennent ces valeurs que tu communiques à travers ton projet?

En partie de la Colombie, en partie du Québec. Mes valeurs représentent l’héritage des deux cultures que je porte en moi. Cette richesse culturelle me nourrit et me définit, elle est une source de réponse lorsque vient le temps de prendre des décisions.

À quels défis as-tu fait face jusqu’à maintenant dans ton parcours entrepreneurial?

Mon plus grand défi a été d’arrêter de douter de mon projet. À travers la préparation pour les concours, les critiques à propos de mon projet et la conciliation école/entrepreneuriat, j’en venais parfois à me demander si ça valait la peine de continuer, si mon projet était assez bon. Grâce au support et aux encouragements de mon mentor, de Valérie et d’autres, j’ai pris de l’assurance et j’ai appris à percevoir les critiques comme des commentaires constructifs pour m’aider à avancer. Bien que ce soit un travail personnel constant, je peux dire qu’aujourd’hui, j’ai davantage confiance en moi, en mes capacités et en mes idées.

Quel est ton message pour les étudiants qui ont une idée d’affaires, mais qui hésitent à se lancer?

Il m’est arrivé de songer à mettre mon projet sur pause et attendre d’avoir fini mes études, mais je me suis dit que si j’arrivais à trouver le temps et le goût de gérer un projet d’affaires en même temps que l’école, j’allais apprécier encore plus le « après », lorsque j’aurai tout mon temps à y consacrer.


Entreprendre pendant mes études, ça me permet d’apprendre à m’organiser et de développer mes aptitudes. C’est vraiment un bon moyen de grandir comme individu et comme entrepreneure! Je peux aussi bénéficier des ressources en entrepreneuriat qui sont à ma disposition à l’école, et ça, c’est non négligeable. Finalement, mon projet d’affaires est une réelle source de motivation, ça dynamise mon parcours scolaire et ça le rend plus concret.
Bref, je ne vois pas pourquoi maintenant ne serait pas le bon moment! J’ai d’ailleurs déjà un autre projet d’affaires en tête sur lequel j’ai commencé à travailler. Je ne fais que commencer!

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