Étudiant entrepreneur : Alexandre Bouhadra, de Mediterranean Vogue

Alexandre Bouhadra a créé une entreprise à l’image des deux cultures qui l’habitent. Mediterranean Vogue valorise le savoir-faire tunisien à travers des produits artisanaux faits à la main dont le design est créé ici, au Québec.

Designs québécois, créations tunisiennes

Parle-nous de toi brièvement! Qui es-tu, Alexandre Bouhadra?

Pour faire bref : Je m’appelle Alexandre, je suis étudiant à l’UQAM. J’ai un BAC en administration des affaires et un certificat en finances. Je m’apprête à entamer un autre certificat, cette fois en dynamiques entrepreneuriales. Je suis né d’un père tunisien et d’une mère québécoise, j’ai grandi avec les deux cultures. Je me suis lancé en affaires en novembre 2020 avec mon projet Mediterranean Vogue.

Qu’est-ce que Mediterranean Vogue?

Mediterranean Vogue est un espace équitable et éthiquement responsable qui vise la valorisation du savoir-faire des artisans de la Tunisie. Nous vendons des foutas, un produit artisanal traditionnel tunisien. C’est un grand tissu tissé à la main qui peut servir à la fois de serviette, de nappe, de châle, de couverture ou d’élément décoratif. Fabriquées en coton peigné à 100%, souples et légères, les foutas sèchent rapidement et ne retiennent ni sable ni poussière. Ce produit se démarque par son unicité, tant au niveau de sa fabrication que de son style et de ses fonctions multiples.

Sont-elles produites en Tunisie?

Oui! Nous travaillons en étroite coopération avec un atelier de tissage à Sousse, en Tunisie. C’est une société à petite échelle qui travaille encore avec des métiers à tisser traditionnels. Tout est fait à la main par des artisans tunisiens, on conserve donc l’aspect authentique du produit, fabriqué depuis des centaines d’années en Tunisie.

Pourquoi avoir choisi de vendre des foutas au Québec?

Mon objectif est de valoriser le savoir-faire des artisans tunisiens et de faire connaître ce produit que je juge exceptionnel, tant par sa conception que son utilité. Je veux que les Québécois découvrent cet objet unique et ajoute ainsi une touche méditerranéenne à leur quotidien.

D’ailleurs, pour adapter ce produit à la population québécoise sans toutefois le dénaturer, je crée moi-même les designs qui se trouvent sur les foutas. Ils sont ensuite réalisés par nos talentueux artisans. Une belle façon d’unir la Tunisie et le Québec à travers un produit à la fois esthétique et utile!

Comment l’idée t’est venue de commercialiser la fouta au Québec?

Même si je suis d’origine tunisienne, j’ai découvert la fouta seulement en 2019, alors que je me promenais dans un souk (un marché) en Tunisie. Je n’avais jamais vu un tel produit ailleurs et j’ai été charmé par sa fabrication, son histoire et ses multiples utilités. J’ai tout de suite vu l’opportunité de faire connaître ce produit aux Québécois et, du même coup, promouvoir les produits artisanaux de la Tunisie au Québec.

Comment as-tu réussi à concrétiser cette idée en réelle entreprise?

Lorsque j’ai découvert les foutas, j’ai fait des recherches à savoir où elles étaient fabriquées exactement, pour découvrir que plusieurs ateliers se trouvent dans la ville de Sousse. Grâce à des contacts, j’ai pu en visiter quelques-unes et finalement trouver celle avec qui je collabore aujourd’hui. S’en est suivi la création de mon site transactionnel et le début de mes opérations.

Le processus s’est fait plutôt bien! Avec le recul, je réalise que je me suis lancé plutôt rapidement, guidé par mon enthousiasme et ma détermination. J’ai donc rencontré quelques défis logistiques et marketing qui m’ont forcé à revoir certains aspects de mon entreprise. Cela m’a toutefois permis d’apprendre énormément et d’améliorer mon projet d’affaires grâce aux connaissances et à l’expérience acquises au fil du temps.

Quelles sont tes ambitions avec Mediterranean Vogue?

Mon objectif ultime, c’est de faire connaître la fouta au Québec. À moyen terme, j’aimerais donc trouver des petites boutiques, des restaurants et des spas qui voudraient utiliser et/ou vendre mes foutas. À long terme, j’aimerais entrer dans les grandes surfaces au Québec, en plus de vendre en ligne partout au Canada.

 

L’entrepreneuriat dans le sang

D’où vient ta fibre entrepreneuriale?

Je crois que j’ai ça dans le sang. J’ai toujours eu pour ambition de démarrer un projet à moi. Jeune, je lisais beaucoup. Encore aujourd’hui, j’aime en apprendre un peu sur tout, être expert de rien mais avoir des connaissances très vastes dans plusieurs domaines. Ce n’est pas pour rien que j’en suis à mon troisième programme universitaire!

C’est peut-être de famille aussi, car mon père a mené plusieurs projets entrepreneuriaux. De plus, comme je voyage en Tunisie depuis mon tout jeune âge, j’ai eu l’occasion d’être exposé à l’entrepreneuriat à travers deux pays, deux cultures. Ça a dû m’influencer d’une certaine façon.

Qu’est-ce qui t’a amené à t’impliquer dans le Regroupement Entrepreneurial Étudiant de l’UQAM (REEU) à l’université?

J’ai entendu parler du club par un ami qui m’a invité à m’y joindre. Il m’a dit que ça me permettrait de m’exposer à l’entrepreneuriat et de réseauter, j’ai donc tenté le coup. En intégrant le club, j’ai participé à l’Interclubs Montréal et c’est comme ça que j’ai découvert l’ACEE.

Qu’est-ce que ton expérience dans un club entrepreneur t’apporte?

Monter des projets, agir à titre de VP du club et participer à différentes activités entrepreneuriales, ça m’a permis de développer mon leadership, de tester mes connaissances et mes capacités.

J’ai aussi eu l’occasion d’entrer en contact avec d’autres clubs et d’autres jeunes entrepreneurs, en plus de découvrir diverses ressources. Ça m’a appris à penser en dehors du cadre, à m’ouvrir à d’autres perspectives. C’est bon pour un entrepreneur comme moi.

Votre slogan, « du concret, du vrai, de l’action », s’applique vraiment, car même durant la COVID, vous avez été en mesure d’organiser des événements qui intéressent et rassemblent les étudiants du Québec. C’est très cool.

Que dirais-tu à un(e) étudiant(e) qui aimerait se lancer en affaires durant ses études, mais qui hésite?

Earl Nightingale a dit : « Le succès, c’est la réalisation progressive d’une idée concrète » (traduction libre). Donc si tu mets du temps dans ton projet, si tu as la volonté de le faire grandir, tu es déjà « successfull ». La réussite, ce n’est pas seulement l’aboutissement, c’est aussi le processus.

 

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